Josias et la Parole de Dieu

Présentateur :
Bonjour à tous et bienvenue pour notre sixième et avant-dernier numéro de « Une histoire, un destin ». Avec, aujourd’hui, un invité très particulier. C'est un grand privilège, chers amis, qu'une telle personnalité ait accepté de se joindre à nous ce matin. Car c'est ni plus ni moins qu'une tête couronnée qui nous fait l'honneur de sa présence.
Un roi, oui, mesdames et messieurs. Un roi et pas n'importe lequel. Un de ceux dont on se souvient, un de ceux qu'on a plaisir à évoquer et à dire "j'étais là". Un bon roi, en somme. Et il y en a suffisamment peu pour qu'on les remarque…
Mais ne traînons pas plus longtemps, et accueillons s’il vous plait, sous vos applaudissements, le roi Josias !
Josias approche. Il serre vigoureusement la main du présentateur.
Présentateur : Sire, un grand merci d'avoir accepté notre invitation…
Josias : (s'assoit) Tout le plaisir est pour moi, mon brave. Ça fait quelques mois que je regarde l’émission sur votre chaîne YouTube et je la trouve vraiment très intéressante.
Présentateur : Oh... Vous nous suivez sur Internet ? Quel honneur, mon Seigneur. Je suis flatté et...
Josias : L'autre jour justement, je vous regardais et je me suis dit : et pourquoi, mon vieux, tu n'y irais pas là-bas toi aussi ? Pour leur raconter ce qui t'est arrivé, à toi. Alors, j'ai passé quelques coups de fil, j'ai plusieurs amis qui me doivent un service ici ou là. Et me voilà !
Présentateur : Très honoré encore une fois.
Josias : Donc, c'est quoi l'idée ? On y va ? Je vous explique en détail ce que j'ai ressenti lors de ce moment incroyable où j'ai découvert le...
Présentateur : Euh, attendez Sire. Ne dévoilez pas tout, tout de suite. Sinon, notre émission va être terminée avant même d’avoir commencé.
Josias : Ah bon, ok. C'est vous le patron ici, après tout.
Présentateur : Oh... Je n'irai pas jusque-là. Mais, si vous êtes d'accord, on va essayer de faire monter le suspense petit à petit. Pour faire grimper les vues sur YouTube, vous comprenez. On pourrait commencer par exemple par en dire un peu plus sur vous. Même si tout le monde vous connaît évidemment...
Josias : Oui, oui, très bien. Allez-y mon garçon, faites...
Présentateur : D'accord, je fais. Merci Majesté. Vous êtes donc Josias et vous êtes roi du royaume de Juda depuis près de 30 ans déjà.
Josias : (rêveur) Eh oui, le temps passe... (rit) Il faut croire que le pouvoir, ça conserve !
Présentateur : (flatteur) Oh, mais vous êtes encore très jeune, Sire... Il faut dire que vous êtes monté sur le trône dès votre plus jeune âge. A 8 ans, vous accédez aux plus hautes fonctions du palais et très vite, vous décidez de marquer votre règne de votre empreinte.
Josias : Oui... Il le fallait. Il fallait faire quelque chose ou nous allions mal finir. Comme nos voisins du nord.
Présentateur : Vous entreprenez donc une grande série de réformes alors que vous avez tout juste 20 ans. Exit la politique de votre père et de ses prédécesseurs avant lui. Vous décidez de revenir aux anciennes traditions, qui avaient fait la renommée de votre ancêtre David.
Josias : Oui. J'étais convaincu que c'était la meilleure décision à prendre. Jamais nous n'avions atteint une gloire aussi grande qu'avec David et Salomon. Il fallait donc qu'on se réengage dans cette direction.
Présentateur : Vous revenez notamment au Dieu de David. Sans compromis. En quelques mois, vous brûlez toutes les idoles et détruisez tous les hauts lieux. Une nouvelle ère débute et la situation commence à s'améliorer.
Josias : Oui, à première vue en tout cas. Mais, je sentais qu'il nous manquait quand même quelque chose. Je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus mais j'avais le sentiment qu'on n'y était pas encore. Qu'on devait aller plus loin.
Présentateur : C'est alors la 18ème année de votre règne. Vous avez 26 ans et c'est à ce moment-là que vous avez une idée révolutionnaire.
Josias : C'est ça...
Présentateur : Racontez-nous, Sire.
Josias : Ah, c'est enfin à moi, là ?
Présentateur : S'il vous plaît.
Josias : (se frotte les mains, content de pouvoir enfin raconter son histoire) Eh bien oui, comme je vous le disais, je percevais que nous devions aller encore plus loin dans nos réformes. Nous devions les pousser à un curseur jamais atteint depuis des siècles. J'ai donc eu l'idée du Temple.
Présentateur : Le Temple ?
Josias : Oui, celui qu'avait fait construire Salomon au temps de sa splendeur. Cela faisait des décennies qu'il était laissé à l'abandon. Des décennies que plus personne ne pouvait s'approcher de Dieu. J'ai compris que j'avais besoin de ce symbole fort si je voulais que le peuple revienne vers lui.
J'ai donc organisé une immense levée de fonds dans tout le pays. J'ai engagé les meilleurs entrepreneurs qu'il y avait sur le marché et je leur ai donné l’ordre de tout remettre en état. Chayan, mon secrétaire personnel, devait se charger de superviser tout ça. Mais… A peine les travaux avaient-ils commencé qu'ils les ont trouvés...
Présentateur : Ils ont trouvé quoi ?
Josias : Eh bien, les rouleaux, tiens !
Présentateur : Les rouleaux ? Quels rouleaux ?
Josias : Quels rouleaux ? (rit) Vous m'en faites un beau vous... Vous me faites penser à mon secrétaire. Lui non plus n'était pas la chips la plus croustillante du paquet !
Présentateur : Euh... qu'est-ce que je dois comprendre ?
Josias : (sans lui répondre) Quand le prêtre lui a expliqué qu'ils les avaient trouvés, il n'a pas su quoi faire. C'est les autres qui ont dû lui dire : « mais va vite le porter au roi, grand benêt ! » Je l'ai vu débarquer en courant dans la grande salle du palais : « mon Seigneur, mon Seigneur, on a retrouvé les rouleaux dans le Temple » (rit à nouveau). Je m'en rappelle comme si c'était hier. (redevient sérieux) Après bien sûr, je vous avoue que j'ai un peu moins rigolé...
Présentateur : Pourquoi ? C'était quoi ces fichus rouleaux ?
Josias : Oh mon garçon... Croyez-moi, c'était tout sauf des "fichus rouleaux". Vous l'auriez su, vous aussi, si vous aviez un tant soit peu étudié les archives de notre peuple. Ce qu'ils avaient retrouvés, ce n'était ni plus ni moins que les livres de la Loi, la Parole de notre Dieu !
Présentateur : Dieu a écrit un livre ?
Josias : Oui, en quelque sorte. Un livre où il nous révèle sa volonté pour nous. Et ses promesses aussi.
Présentateur : Oh...
Josias : Enfin j'allais savoir. Je voulais conduire notre peuple à honorer Dieu. Mais je ne savais pas comment. J'essayais de faire au mieux, bien sûr, mais je me doutais qu'on avait dû perdre de vue bon nombre de ses commandements après toutes ces années d'errance... (pause) Alors, j'ai regardé Chayan et je lui ai dit de commencer à lire.
Présentateur : Et ?
Josias : Et il a lu, tiens !
Présentateur : Oui, mais qu'a-t-il lu ? Qu'avez-vous découvert ? Aviez-vous effectivement beaucoup de choses à revoir ?
Josias : (pousse un long soupir) Si seulement vous pouviez imaginer... C'était au-delà de tout ce à quoi je m'attendais. Il y avait tout à revoir ! Les premières réformes que j'avais engagées n'étaient que la partie émergée de l'iceberg. Mais ce que nous faisions à tous les niveaux était biaisé : les cérémonies cultuelles, les règles morales, l'application de la justice... J'écoutais et, au fur et à mesure qu'il parlait, j'avais l'impression de m'enfoncer dans un puits sans fond. J'ai déchiré mes vêtements devant tout le monde !
Présentateur : A ce point ?
Josias : Oui, à ce point… Vous imaginez. Je n'ai pas tardé à réagir après cela. J'ai aussitôt fait convoquer nos responsables pour qu'ils appellent la population entière à se réunir devant le Temple.
Présentateur : Vous avez convoqué le pays tout entier ?
Josias : Oui, tous les habitants sans exception. Et là, devant l'immensité de la foule, je me suis levé et je me suis mis à lire. Pendant des heures et des heures. J'ai voulu que tous, du plus jeune au plus vieux, du plus riche au plus pauvre, connaissent le moindre des commandements de notre Dieu.
Présentateur : (impressionné) Ah oui, quand même…
Josias : Et après cela, je me suis engagé en leur nom à suivre ce qui était écrit, à marcher fidèlement avec l'Eternel. Et, grâce soit rendue à Dieu, jusqu'à aujourd'hui, nous n'avons plus dévié d'un iota de ses voies. (pause) Voilà, j'ai fini mon histoire. Vous pouvez conclure et je rentre à la maison. C’est bien beau les émissions télé mais j'ai quand même un royaume à gouverner, moi !
Présentateur : Euh oui, Majesté, comme vous voulez, bien sûr, nous allons terminer. Mais juste avant cela, j'aurais une toute dernière question à vous poser, si vous me le permettez. (Josias acquiesce) Si j'ai bien compris votre récit, vous nous dites que, du jour au lendemain, vous avez changé du tout au tout votre manière de vivre ? Juste parce que vous avez retrouvé un livre poussiéreux au fond d’un coffre ?
Josias : C'est cela !
Présentateur : Vous ne trouvez pas que c’est quand même un peu radical ?
Josias : Radical ? (songeur) Oui peut-être… Mais… quand vous découvrez un trésor aussi grand que celui-ci, que voulez-vous faire d’autre ? (se tourne vers le public) Croyez-moi, les amis : j’en ai fait l’expérience : roi ou pas, vous ne ferez jamais rien de mieux dans la vie que de suivre ce qui est écrit dans ces pages. (pause) Bon, allez on a fini ! Salut mon garçon ! Je rentre chez moi !
Présentateur : Au revoir Sire... Et encore un grand merci...