top of page

Polycarpe et la vision de Jean

Une histoire, un destin - Polycarpe et la vision de Jean

Présentateur : Bonjour à tous et bienvenue parmi nous ce matin. Ça y est, nous y voici. Nous sommes arrivés à notre tout dernier numéro de la saison, l'ultime émission de « Une histoire, un destin ». Mais pour finir en beauté, nous avons décidé de vous gâter. Car, Mesdames et Messieurs, c’est un apôtre de Jésus en personne que nous allons recevoir aujourd’hui. Une colonne de cette nouvelle église qui existe depuis quelques décennies. Il est très âgé à présent, vous vous en doutez, presque 90 printemps au compteur, mais il a quand même répondu favorablement à notre invitation et nous l'en remercions. Il est le disciple que Jésus aimait, l'auteur du quatrième Evangile. Faites un triomphe à l’apôtre Jean !

 

Un jeune homme approche et salue le public timidement. Puis il s'assoit et regarde le présentateur.

 

Présentateur : (étonné) Euh… Je crois qu'il doit y avoir une erreur. De toute évidence, vous n'êtes pas le vieil apôtre Jean (Polycarpe confirme en hochant la tête) Vous vous êtes peut-être trompé de plateau ? Vous voulez que...

 

Polycarpe : Ils l'ont eu ! Ils l'ont arrêté, on n'a rien pu faire...

 

Présentateur : Ils ont eu qui ? Jean ? C'est pour ça qu'il n'est pas là ?

 

Polycarpe : Oui... Les Romains sont venus sans prévenir. Ils l'ont battu sous nos yeux puis ils l'ont amené et...

 

Présentateur : Ils l'ont tué lui aussi ? Comme tous les autres ?

 

Polycarpe : Non… Lui, ils l’ont exilé. Sur l'île de Patmos.

 

Présentateur : Ah... Et c'est... mieux, non ?

 

Polycarpe : (triste) Ouais. Si on veut...

 

Présentateur : Je suis vraiment désolé d’apprendre cette nouvelle. Mais vous, vous êtes qui du coup ?

 

Polycarpe : Moi ? Oh, personne. Je suis juste un disciple de Jean. Ça fait deux ans que je suis à ses côtés. Je l'aide, ici ou là, dans ses travaux. Et lui, il m'enseigne tout ce que Jésus lui a dit. Tout ce qu'il a fait. (se lève et serre la main du présentateur) Je m'appelle Polycarpe.

 

Présentateur : Polycarpe ? (en riant) On dirait un nom de Pokémon. (retrouve son sérieux). Euh pardon, excusez-moi, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. Enchanté Polycarpe. Et merci d'être venu nous informer. (se tourne vers le public) Mais bon du coup, cette dernière émission n'a plus vraiment lieu d'être. Je suis désolé, chers amis, de vous avoir tous fait venir pour rien. Vous allez pouvoir repartir chez vous et profiter du soleil. Nous allons laisser notre jeune ami à sa peine. (se tourne vers Polycarpe) Car j'imagine que vous devez être particulièrement triste.

 

Polycarpe : (lève les yeux) Triste ? Oui... et non...

 

Présentateur : Comment ça, oui et non? Vous n'êtes pas triste d'avoir perdu votre mentor ?

 

Polycarpe : Si, si, bien sûr que je suis triste. Mais...

 

Présentateur : Oh, je comprends... Vous êtes tristes mais vous n'avez pas le temps de laisser votre chagrin s'exprimer. Parce que les Romains ne vont certainement pas arrêter de traquer les chrétiens comme ça. Vous avez donc surtout peur.

 

Polycarpe : Ouais... Bof...

 

Présentateur : Bof ? Vous avez dit bof, j'ai bien entendu ? (se tourne vers le public) Ah ces jeunes ! A croire que ça ne voit jamais plus loin que le bout de leur nez ! (se tourne de nouveau vers Polycarpe) Eh, oh mon garçon ! Vous voulez peut-être que je vous rafraîchisse la mémoire ? Vous avez conscience de ce qui se passe par ici depuis quelques temps. Ils sont tous tués ! Jacques. Paul. Pierre ! Et là, je ne vous parle que des plus célèbres. Mais c'est pareil pour les autres chrétiens. Ils sont pourchassés, moqués, haïs par tout le monde. Vous allez me dire que ça, vous, ça ne vous fait pas peur ?

 

Polycarpe : Bah… C'est vrai que ça ne m'enchante pas des masses… Mais bon...

 

Présentateur : Mais bon quoi ?

 

Polycarpe : Eh bien, c'est juste que...

 

Présentateur : Juste que quoi ?

 

Polycarpe : Que ce n'est pas la fin !

 

Présentateur : Hein ?

 

Polycarpe : Oui, ce n'est pas la fin, tout ça. Je sais que toute cette tristesse et toutes ces épreuves n’auront pas le dernier mot ! Je sais que le meilleur est devant ! Quoi qu’il arrive aujourd’hui. Et ça, ça change tout pour moi !

 

Présentateur : Vous êtes en train de nous parler de quoi là ? De cette image de nos âmes flottant sans souffrance comme de petits nuages dans le ciel vaporeux du paradis ? C'est ça le meilleur qui est devant ? L'image qui change tout pour vous ? Parce que moi, je vous avoue, je trouve ça moyen comme réconfort...

 

Polycarpe : Non... Ça, c'est l'idée un peu nunuche que se font souvent les gens. Mais moi, je sais que ce sera bien mieux que ça !

 

Présentateur : Vous savez, vous savez... Vous n'arrêtez pas de répéter ça. Mais comment vous savez, d'abord ? Vous y êtes déjà allé peut-être ?

 

Polycarpe : Non... Je n'y suis jamais allé.

 

Présentateur : Et donc ?

 

Polycarpe : C'est Jean qui m'a tout raconté.

 

Présentateur : Jean ? Il y est allé lui ? Mais vous venez de me dire qu'il n'était pas mort et que...

 

Polycarpe : Il a eu une vision ! A Patmos justement. Une vision de l'après. Notre Seigneur lui a tout montré et il nous l’a raconté dans une lettre qu’il nous a écrite…

 

Présentateur : Jean a vu... la fin ?

 

Polycarpe : Oui... Il a contemplé toutes les promesses que Dieu tient en réserve pour le croyant.

 

Présentateur : (sceptique, fait un geste vers le public) Eh bien, allez-y, racontez-nous ! Ne vous arrêtez pas en si bon chemin puisque vous avez l’air si bien renseigné.

 

Polycarpe : Vous souhaitez que je vous raconte la vision de Jean ?

 

Le présentateur hoche la tête et attend que le public fasse de même.

 

Polycarpe : Ok, si vous voulez. (prend une respiration solennelle) Après le retour de notre Seigneur, Jean a écrit qu'il avait d'abord vu une nouvelle terre.

 

Présentateur : Une nouvelle terre ? C'est à dire ? Une nouvelle... planète ? Je sais bien qu'on a pas mal abîmé celle-ci mais ce n'est pas sérieux, non ? Qu’est-ce que…

 

Polycarpe : Je ne sais pas si ce sera une toute nouvelle terre ou plutôt la nôtre qui sera restaurée. Il n’a pas précisé. Mais, ce que je sais, c'est que ce sera quelque chose de vraiment incroyable.

 

Présentateur : Bon, ok, admettons... Et qu'y aura-t-il donc sur cette nouvelle terre ?

 

Polycarpe : Vous devriez plutôt d’abord demander ce qu'il n'y aura pas !

 

Présentateur : Si vous le dites. Et alors, qu'est-ce qu'il n'y aura pas ?

 

Polycarpe : Eh bien... Euh... Comment vous expliquer ? Tenez par exemple. Est-ce que vous avez déjà essayé de faire le vide en vous ? Le silence total ? Pour écouter vos pensées les plus profondes ? Les plus enfouies au fond de vous ?

 

Présentateur : Euh... Oui peut-être...

 

Polycarpe : Et alors ? Qu'est-ce que vous y avez vu ? Est-ce que c'était beau ? Vos sentiments les plus profonds, vous ont-ils rendu fier ?

 

Présentateur : (gêné) Euh, c'est... C'est difficile à dire. Non... J'imagine que non. C'était... pas toujours très beau.

 

Polycarpe : Ok, ça ne m’étonne pas. Eh bien, vous voyez, ça, ça n'y sera plus !

 

Présentateur : Ah oui ? Vous voulez dire, toutes mes pensées mauvaises, j’ai bien compris ? (Polycarpe hoche la tête) Elles ne seront plus là. Elles auront… disparues ?

 

Polycarpe : Oui, toutes ! Et tout le reste qui va avec. Le péché sera entièrement éradiqué !

 

Présentateur : C'est... bien. Ça doit faire bizarre en tout cas. Et quoi d'autre ? Que n'y aura-t-il pas encore ?

 

Polycarpe : Je vais essayer de vous faire deviner la suite. Vite, quelqu'un. Apportez-moi un verre d'eau s'il vous plait ! Tenez, il y en a un là. Polycarpe prend le verre d'eau. Merci. Regardez. Il met un doigt dans l'eau et l'applique sur son œil. Ça aussi, ça aura disparu !

 

Présentateur : Les... larmes ?

 

Polycarpe : Oui, les larmes. Les pleurs, la douleur, les épreuves, la souffrance. Toutes ces saletés. Elles auront disparu sur cette nouvelle terre ! Pour de vrai.

 

Présentateur : Je vois... C’est sûr que ce n'est pas rien votre truc quand on y réfléchit. Je comprends en tout cas pourquoi vous dites que ça doit changer pas mal de choses dans votre perception de la vie ici-bas...

 

Polycarpe : Et ce n'est pas fini !

 

Présentateur : Ah bon ?

 

Polycarpe : Non, il y a ce qu'il n'y aura pas. Mais il y a aussi et surtout ce qu'il y aura !

 

Présentateur : Quoi, Polycarpe ? Qu’est-ce qu’il y aura ?

 

Polycarpe : Jean l'a vu dans sa vision. Il y aura, lui ! En chair et en os.

 

Présentateur : Lui ? C'est qui lui ?

 

Polycarpe : Jésus ! L'Alpha et l'Omega. L'étoile du matin. Le Lion de la tribu de Juda mais aussi l'Agneau immolé. Il sera là avec nous. C'est lui, en personne, qui essuiera nos larmes. C'est lui qui nous consolera. Et il sera avec nous pour l'éternité ! Il nous donnera à boire aux sources de la vie. Il effacera toutes les souillures de ce monde ! Et nous marcherons avec lui dans sa ville étincelante. Nous... (ne trouve plus ses mots tellement il est rempli d'émotions, se lève) Vous comprenez, non ? Voilà pourquoi je n'ai pas peur ! Voilà pourquoi je ne suis pas triste ! Car je sais que le meilleur est devant. Les apôtres sont déjà en route vers ce meilleur. Et mon bien aimé Jean les rejoindra bientôt sans doute. Et puis moi aussi, un jour ou l'autre. Et vous tous qui croyez. Les uns après les autres. Sans exception. Nous savons vers quoi nous allons ! Et ça, croyez-moi, oui, ça change vraiment tout ! (se calme lentement, avec un sourire toujours extatique sur le visage; se tourne vers le présentateur) Voilà ce que je voulais vous dire pour votre dernière émission. Voilà ce que Jean avait prévu de vous dire s’il avait été là. Prenez courage mes frères et mes sœurs ! Car il vient bientôt (s'éloigne petit à petit, répète d'une voix de plus en plus faible). Oui, il vient bientôt, il vient bientôt...

 

Présentateur : Je crois qu'il n'y avait effectivement pas de meilleure façon pour terminer notre programme. Merci, chers amis, de nous avoir suivi durant toute cette saison.

Retour à Une histoire, un destin

bottom of page